Mes lectures

La solitude des enfants sages, Martine Duquesne

La cheminante, 2017
249 pages
Contemporain, enfance, guerre, Algérie

Angélique a des relations compliquées avec ses parents, et ce depuis qu’elle est toute petite. Le récit alterne entre deux temporalités : Angélique en 2010 face à une crise que traverse le couple de ses parents et qui vire au drame lors de la disparition de son père, et Angélique en 1962 alors qu’elle a 7 ans et vit en Algérie au milieu de la guerre.

J’ai adoré ce récit qui alterne les points de vue d’Angélique enfant et adulte, au milieux de deux guerres : l’une civile et l’autre familiale. Ce livre est émouvant, juste et délicat et m’a particulièrement touché, peut-être parce que cette famille est pied-noire et que c’est aussi le cas de mon grand-père qui est né et a grandi en Algérie jusqu’à ce qu’il soit appelé pour la seconde guerre mondiale.

J’ai aimé :

– toutes les parties qui se passent en Algérie où l’on suit Angélique, âgée de 7 ans, dans son quotidien. J’ai eu beaucoup d’empathie pour cette petite fille qui nous raconte la guerre civile et en même temps celle que se livrent ses parents. La guerre d’Algérie dans ces passages, est vue à travers les yeux innocents de cette petite fille qui ne comprend pas tout mais qui sait pertinemment qu’on lui ment et que les choses sont plus graves que ce qu’on lui laisse croire.

– La force de la petite Angélique qui élève sa « muraille de Chine » autour d’elle et se réfugie dans ses livres de contes pour échapper à sa peur et son quotidien. Elle grandit dans un pays en guerre entre une mère tyrannique et un père dépassé et passif, mais elle trouve la force de ne pas laisser la peur l’empêcher de vivre.

« Mes livres ont le pouvoir d’effacer les tourments et je me suis inventé une phrase magique, tant que tu es dans la lumière des mots, tu échapperas aux ténèbres. »

– l’atmosphère qui est crée par l’auteure. On a l’impression dans les passages en Algérie que l’on est dans un conte, un récit initiatique qui va permettre à la protagoniste de se construire et de grandir malgré les difficultés et les épreuves. On ressent pourtant très bien aussi les tensions, l’atmosphère pesante à travers le récit naïf et léger d’une petite fille de 7 ans.

– la relation entre Angélique et Djamila. Les deux fillettes sont amies, elles se racontent leur quotidien chacune d’un coté du conflit et échangent des contes de leurs cultures respectives.

– les passages dans le présent d’Angélique. Ces passages, même si je les ai moins dévoré que ceux de l’enfance, m’ont également plu car ils permettent de voir comment la protagoniste s’est construite et ce qu’elle est devenue. Malgré son enfance difficile et le déracinement, elle reste profondément attachée à son père mais les relations familiales sont restées conflictuelles. On sait au final peu de choses sur sa vie présente, mais il semble que les manques de son enfance – le manque d’affection et le manque de sa terre natale – restent ancrés en elle et prédominants. « La mémoire est comme un palimpseste sur lequel vous avez effacé le texte initial pour en écrire un autre », mais l’autre texte est toujours présent en dessous, comme l’Algérie et les souvenirs d’Angélique restent présents en elle.

Un récit plein d’émotion, qui m’a beaucoup touché. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire ce livre et je remercie infiniment l’auteure, Martine Duquesne, de m’avoir fait parvenir son livre et de m’avoir permis de la découvrir. J’espère avoir le plaisir de la livre à nouveau dans un prochain roman.

Je vous souhaite de belles lectures 🙂

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s