Mes lectures

La ferme des Miller, Anna Quindlen

Le cercle Belfond, 2017
316 pages
Famille, enfance, drame, secrets, tranches de vie

Mary-Margaret Miller – Mimi – est une petite fille vivant à la campagne avec son père, cultivateur et réparateur d’objets en tout genre et sa mère, infirmière. Ils vivent sur ces terres depuis des générations mais le gouvernement a décidé de créer un réservoir d’eau et une base de loisirs, les habitants devront s’en aller. On accompagne donc Mimi dans son quotidien, témoignage d’une époque révolue et dans son apprentissage de la vie.

J’ai été intrigué et emporté dès les premières lignes par le style de l’auteur et l’histoire. C’est un livre très touchant, émouvant dont l’écriture est simple, délicate et fluide. Il s’agit d’une saga familiale, ce que j’aime beaucoup, et j’ai trouvé la famille Miller très attachante, j’avais toujours envie de poursuivre ma lecture et de connaître leur histoire.

J’ai aimé :

Mimi, personnage féminin fort qui semble perdu mais est forte et sait ce qu’elle veut. Mimi est très attachée à sa famille et lui est très dévouée. En grandissant, elle semble parfois avoir du mal à trouver sa place dans sa famille mais aussi auprès de ses amis. Elle se pose beaucoup de questions et ne sait pas de quoi son avenir sera fait. Cependant, elle est aussi pleine de volonté et travailleuse. Elle ne veut pas se contenter du minimum et de la facilité, elle veut aller à l’université même si le chemin pour y parvenir n’est pas simple. Mimi est pour cela un personnage féministe, elle est très forte, décide de ce qu’elle veut faire de son corps et de sa vie. Je me suis beaucoup attachée à ce personnage et c’est ce qui a fait que pendant ma lecture j’ai eu la sensation que les pages se tournaient toutes seules.

– les personnages secondaires qui sont intéressants, profonds et bien travaillés. Ils incarnent parfaitement les gens vivants dans des petites communautés rurales je trouve et font la force de ce roman. Ils sont vivants, se battent pour ce qui leur est cher, j’ai trouvé leur caractères et personnalités très justes.

– les histoires internes de la famille, les drames et secrets inavoués qui m’ont passionné. Même si la fin apporte des réponses, elle ne les donne pas toute. Rester avec des questions peut être frustrant mais en même temps, étant dans une famille – et dans la famille Miller en particulier – tous les secrets ne sont jamais révélés totalement.

– le thème de l’appartenance et de la construction de soi par rapport à notre milieu, d’où on vient et aux gens qui nous entourent. Le livre aborde l’importance des racines au travers de personnages qui en ont et d’autres qui en manquent. Mimi, elle connait ses racines et elles l’ancrent profondément à Miller’s valley. Son ami Donald, lui est toujours entre deux maisons, celle de sa mère qui a du mal à s’occuper de lui et celle de ses grands-parents. Il est difficile de grandir et se construire dans ces conditions. Le déracinement, enfouir le passé sous l’eau, le laisser couler est abordé au travers d’autres personnages, comme Tommy, le frère de Mimi, vétéran de la guerre du Vietnam. Tommy veut enfouir la guerre – sans y parvenir – mais aussi celui qu’il était avant celle-ci car cette personne n’existe plus. Abandonner ses racines et la terre de ses ancêtres à cause de la menace du gouvernement est très difficile pour les habitants. Ceci est notamment perçu comme un abandon de la tradition pour la modernité, le confort matériel et la nouveauté, ce qui est difficilement acceptable pour les anciens de la communauté.

– le rêve américain et l’envie de réussir qui ne peuvent qu’être présent. Cependant c’est en le pourchassant qu’il est difficile de le vivre. Il est nécessaire de travailler, dans le but de s’épanouir non celui de réussir à tout prix. Les habitants de la ville m’ont fait penser à une communauté de pionniers venu s’installer quelque part, y travailler dur pour se voir chassés de leurs terres pour des raisons d’expansion.

Ce livre est une excellente lecture, j’ai vraiment été touché par cette petite fille et heureuse de la suivre alors qu’elle grandit et fait son apprentissage de la vie. Beaucoup des événements dans lesquels on la suit sont tristes, on assiste à ses questionnements et ses doutes, des peines et douleurs, mais aussi ses joies. C’est une partie de l’histoire américaine et de ses principes et valeurs que l’on a en toile de fond, mais ce n’est pas pour autant lourd ou patriotique. C’est une saga familiale intéressante et entrainante, riche et juste.

Je vous souhaite de belles lectures.

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7 réflexions au sujet de « La ferme des Miller, Anna Quindlen »

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