Mes lectures

Notre vie dans les forêts, Marie Darrieussecq

P.O.L, 2017
189 pages
Anticipation, dystopie, dons d’organes, clonage, rentrée littéraire, sélection Grand Prix des Lectrices Elle

Une femme écrit au fond d’une forêt. Son corps et le monde partent en morceaux. Avant, elle était psychologue. Elle se souvient qu’elle rendait visite à une femme qui lui ressemblait trait pour trait, et qu’elle tentait de soigner un homme dans un monde où beaucoup de gens ont un double, un clone pour leur servir en cas de besoins médicaux.

J’ai lu ce livre dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle et j’ai trouvé que cette histoire est vraiment particulière et fait sacrément réfléchir aux progrès que l’on peut faire et aux questions d’éthique quant aux usages de nos grandes découvertes scientifiques et médicales. Je ne suis pas rentrée tout de suite dans cette histoire, j’ai mis un peu de temps, j’ai appris à connaître la protagoniste et je n’ai pas compris tout de suite où elle voulait en venir, où elle m’emmenait. On la découvre au travers de son histoire personnelle, son besoin de connaître son double, cette personne qui n’en est pas une qui git sur un lit d’hôpital et qui n’est qu’une réserve d’organes ; on la découvre en parallèle à travers son métier et en particulier son suivi d’un patient. Puis, les choses se sont liées, mises en place et je me suis posée beaucoup de questions et ai finalement lu la deuxième moitié du livre d’une traite.

J’ai aimé :

– le style fluide et incisif de l’auteur qui nous entraine dans le récit, nous fait suivre le chemin sinueux de cette protagoniste qui a pris conscience de la société dans laquelle elle vie et veut laisser une trace, un avertissement.

– le monde effrayant et totalitariste de cette dystopie qui m’a souvent fait me demander comment on pouvait en venir à ça et si on était nous aussi capable d’en arriver là.

– la vision du progrès scientifique pervertie que l’on trouve dans ce livre. On arrive désormais à cloner des êtres humains et on utilise ce savoir pour créer des clones que l’on laisse en « mode veille » allongés sur des lits en attendant de servir et, si ces réserves d’organes ne sont plus nécessaires, elles seront « terminés ».

– que la protagoniste qui cherche à laisser une trace, s’adresse à quelqu’un du futur et laisse des notes de bas de page pour lui expliquer des choses que nous, lecteur aujourd’hui, comprenons mais que la personne à qui elle s’adresse ne comprendrait pas. J’ai trouvé que ces notes ainsi que l’emploi de termes que cette fois nous ne comprenons pas (pas tout de suite) mais que le lecteur auquel la protagoniste s’adresse lui comprend, donne force et une impression de réalisme au récit.

C’est une lecture vraiment intéressante et une représentation pessimiste et alarmante de ce que la société peut faire mais qui donne à réfléchir.

Connaissez-vous ce livre ou cette auteure ? Il fait parti de la rentrée littéraire et sortira en Aout (le 17).
Je vous souhaite de belles lectures 🙂

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2 réflexions au sujet de « Notre vie dans les forêts, Marie Darrieussecq »

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