1eres lignes

Le cœur battant de nos mères, Britt Bennett

Autrement, 2017
340 pages
Roman, contemporain, adolescence, deuil,

Nadia a 17 et a perdu sa mère, cette dernière s’est suicidée. Nadia sort en cachette avec Luke, le fils du pasteur de la petite communauté noire religieuse dans laquelle ils vivent. Quand Nadia tombe enceinte, elle décide de ne pas garder le bébé afin de poursuivre sa vie et ses études à l’université. Cette décision va l’affecter mais affectera aussi Luke et sa meilleure amie Audrey, les deux personnes qu’elle laisse derrière elle.

J’avais vraiment très envie de lire ce livre, je l’avais repéré lors de sa sortie et j’étais ravie de pouvoir le lire dans le cadre du Grand Prix Des Lectrices Elle. J’ai vraiment apprécié cette lecture mais un peu moins que ce que je pensais : la quatrième de couverture comparant cette auteure à Elena Ferrante et Chimamanda Ngozi Adichie, je m’attendais à être vraiment emballée et à avoir un coup de cœur mais ça n’a pas été le cas. J’ai cependant aimé suivre ces trois personnages et découvrir leurs trajectoires entremêlées et leurs secrets grâce à la plume fluide et légère de l’auteure qui sait nous entrainer dans son récit.

J’ai aimé :

  • le titre, qui évoque l’amour d’une mère mais qui au final n’est pas tant ce qui est abordé. On parle ici plutôt du lien avec une mère, du cœur d’une mère et de maternité.
  • les thèmes abordés : la maternité, l’avortement, le deuil, la culpabilité et le poids des non-dits. L’avortement est un sujet très difficile à traiter et dans ce livre il peut au départ sembler quelque peu anachronique car l’avortement apparait comme un crime pour beaucoup de personnages de cette histoire. Cependant, il est essentiel de rappeler le contexte : ce livre se passe dans une petite communauté noire américaine très religieuse. Ainsi, la vision de la communauté religieuse s’oppose à celle exprimée par Nadia qui choisi d’avorter car elle se sent trop jeune et veut avoir l’opportunité d’aller à l’université et de réaliser ses rêves avant d’envisager la maternité.
  • les personnages qui sont complexes et qui ont tous une psychologie très travaillée. Nadia : sa mère s’est suicidée et elle s’interroge sur le pourquoi : Sa mère était elle heureuse ? Sa mère l’ayant eu très jeune, peut-être qu’elle n’a pu réaliser ses rêves et lorsque Nadia tombe elle aussi enceinte très jeune, elle ne veut pas garder ce bébé et décide d’avorter. Mais cet avortement la fait s’interroger, elle se demande si elle n’était pas née, sa mère elle serait-elle encore en vie ? La culpabilité et le deuil sont vraiment bien abordé à travers ce personnage je trouve.
    Audrey, la meilleure amie de Nadia, est aussi un personnage intéressant et complexe. Elle a vécu des choses très difficile et a un rapport très particulier avec sa mère qui n’a pas l’air de souffrir de l’éloignement de sa fille. Le sentiment d’abandon, par sa mère mais aussi par Nadia quand elle part à l’université, est très présent chez Audrey.
    Luke : il est le fils du pasteur de la communauté, il doit être un exemple ou du moins en donner l’impression et c’est pourquoi il n’affiche pas au grand jour sa relation avec Nadia. La décision de Nadia est difficile pour lui, il n’était pas d’accord et porte en lui le deuil de leur enfant. Ce deuil va prendre une grande place dans sa vie, le freinant dans beaucoup de choses et son rapport à la paternité est intéressant je trouve.

Je suis mitigée sur :

  • la construction du roman avec, à chaque début de chapitre, un passage qui est raconté par les Mères. Ces mères en questions sont les anciennes de la communauté et elles donnent le ton de ce qu’il va se passer dans le chapitre. C’est un peu comme le chœur dans une pièce de théâtre et je ne sais pas trop quoi en penser. J’ai trouvé ça original de l’incérer dans un roman et en même temps c’était déroutant, j’avais du mal à m’y retrouver.

C’est une lecture intéressante que j’ai surtout aimé pour le développement de ses personnages et les thèmes qui sont abordés mais qui au final est un peu fade par rapport à ce que ces thèmes justement laissaient présager. Je pense qu’au vu du titre, de la quatrième de couverture (en particulier la comparaison avec Chimamanda Ngozi Adichie), j’en attendais trop de ce roman et que mes attentes ont fait que je l’ai vraiment apprécié mais sans plus.

Connaissez-vous ce livre ? Etes vous intéressé ?
Je vous souhaite de belles lectures 🙂

2 réflexions au sujet de « Le cœur battant de nos mères, Britt Bennett »

  1. Ma chronique paraît demain. J’ai beaucoup aimé le personnage de Nadia. Sensible, écorchée, intelligente.
    Le choeur de vieilles mères est un peu déroutant au début mais ensuite il reflète bien l’ambiance de cette communauté noire. Peut-être pas un coup de coeur mais une très bonne lecture.

    Aimé par 1 personne

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