Mes lectures

Le tête et le cou, histoires de femmes russes, Maureen Demidoff

Éditions des Syrtes, 2017
214 pages
Témoignages, femmes, Russie, famille, société, politique

Trois générations de femmes russes parlent de leur pays et se confient. L’histoire du pays transparait au travers des histoires personnelles de ces femmes fortes, battantes, féminines et maternelles.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre que j’ai lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle. Je l’ai trouvé intéressant, parfois touchant parfois dramatique. C’est un sujet que je connais mal et sur lequel j’ai beaucoup aimé en apprendre plus.
J’ai trouvé particulièrement intéressant d’avoir la confrontation des générations, cela nous donne une vue d’ensemble sur la société dans laquelle ces femmes ont évolué et continuent de le faire ; société qui est majoritairement féminine car en Russie il y a un plus grand nombre de femmes que d’hommes. Elles ont chacune leur histoire, même si certains témoignages sont similaires et cela peut sembler un peu répétitif vers le milieu.

J’ai aimé :

– que les témoignages restent simples et même s’ils sont parfois douloureux ce n’est pas ce sur quoi l’accent est mis. Ces témoignages abordent beaucoup de choses importantes de l’histoire de la Russie (guerre, totalitarisme, le manque, les changements politiques, les crises économiques) mais ce n’est pas un plaquage d’histoire. Les histoires de ces femmes ne sont pas un prétexte pour raconter la Russie selon les Russes, elles sont personnelles et familiales et font échos les unes aux autres sans chercher à apitoyer.
« Et puis face aux difficultés, nous avons toujours les mêmes trois possibilités : soit tu vis, soit tu boudes, soit tu meurs. Et tu connais le choix des russes. »

– l’image de la femme russe par les femmes russes, l’image qu’elles ont et qu’elles donnent d’elles-mêmes.
« Chez nous, les femmes sont partout : dans les cliniques, les banques, les universités, les entreprises, les écoles, les magasins. La Russie est devenue très féminine. Et les hommes de ma génération, où sont-ils ? Dans les prisons, c’est ce que montrent les statistiques, ou comme je le disais, ils sont morts à la guerre, dans des accidents, ou d’avoir trop bu. Mais c’est un fait, la Russie perd ses hommes depuis la première guerre mondiale, et les femmes n’ont d’autre choix que de prendre en main le pays. »
Elles donnent une image de femmes fortes et le sont, elles se disent pragmatiques mais coquettes, pourtant elles ne se revendiquent pas féministes, loin de là. Les hommes sont un grand sujet de discussion dans ce livre, elles rêvent d’un homme fort qui va les protéger. Leur rôle de matriarche, de femmes fortes qui assument leur famille est plus une nécessité qu’autre chose. Elles refusent donc le féminisme et se réfugient dans le traditionalisme, se mariant souvent jeune et aspirant à la vie de famille auprès d’un homme virile.
Elles sont donc parfois contradictoires et certaines en sont pleinement conscientes et l’avouent d’elles-mêmes.

Cette lecture a été enrichissante et j’ai vraiment pris plaisir à découvrir ces femmes de caractère profondément attachées à leur pays.

Je vous souhaite de belles lectures 🙂

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Une réflexion au sujet de « Le tête et le cou, histoires de femmes russes, Maureen Demidoff »

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